Communautés polyamoureuses

La communauté d’Oneida (1848-1881)

Fondée par John Humphrey Noyes (1811-1886) la communauté d’Oneida est l’une des rares communautés du XIXe siècle à avoir expérimenté la mise en commun de la propriété et de la vie affective et sexuelle (hétérosexuelle). De 87 membres à l’origine, elle en rassemblait plus de 300 en 1878.

Elle reposait sur trois principes fondamentaux :

Complex Marriage

TouTEs les membres adultes de la communauté sont mariéEs à touTEs les autres membres et touTEs sont libres d’avoir des relations sexuelles avec les personnes de leur choix, sans exclusivité. Ces pratiques sont cependant considérées comme immorales à l’extérieur de la communauté.

Noyes avait des idées radicales sur la sexualité. Il pensait notamment que l’inceste ne posait pas de problème. À plusieurs reprises, il a fait l’amour avec sa nièce et peut-être également avec sa sœur.

Male Continence

Chaque homme de la communauté devait pratiquer les techniques de rétention de l’éjaculation comme moyen de contraception. Les jeunes hommes étaient formés à ces techniques de rétention de l’éjaculation par des femmes déjà ménopausées, donc libérées de tout risque de grossesse. Ces femmes choisissaient l’homme de leur choix, et aucun refus n’était possible.

Eugéniste et lecteur de Darwin, Noyes souhaitait réserver le droit de reproduction à des géniteurs et génitrices volontaires et désignéEs à cette fin : c’est pourquoi seulement 58 enfants naquirent en 30 années d’existence de la communauté.

Ascending Fellowship

L’éducation sexuelle des jeunes est enseignée par les membres les plus ancienNEs de la communauté. À partir de 14 ans, chaque jeune personne vierge est inclue dans le « complex mariage ». Un groupe spécial, composé des «Central Members », enseigne aux jeunes vierges la parfaite maîtrise de l’acte sexuel.

En juin 1879, J.H. Noyes, averti qu’il risque d’être arrêté pour détournement de mineure, s’enfuit pour le Canada. En août 1879, il écrit à la communauté qu’il serait préférable de vivre d’une manière plus traditionnelle. La communauté est formellement dissoute le 1er janvier 1881 et se transforme en société coopérative. Noyes n’est jamais retourné aux États-Unis.

En dépit de ses nombreuses failles, le système de mariage complexe à Oneida constituait un progrès remarquable pour les femmes qui y vivaient. Les femmes plus âgées étaient chargées d’enseigner la sexualité aux jeunes hommes, les hommes étaient responsables du contrôle des naissances et les femmes ont eu (en règle générale) des relations sexuelles uniquement avec qui elles voulaient, ce qui, comme le souligne l’historienne Spencer Klaw, « ne peut être dit d’innombrables femmes mariées du monde extérieur. »

Dans son journal, la nièce de J.H. Noyes, Tirzah Miller, raconte les dernières journées douces–amères du mariage complexe. Elle a fait l’amour à un homme, puis à un autre, puis, en allant chercher un citron pour l’un de ses amants, elle en a rencontré un troisième. « Il semblait y avoir un feu subtil entre nous », écrivit-elle, et elle se glissa dans la salle de bain avec lui.

Sources

John Humphrey Noyes, https://fr.wikipedia.org/wiki/John_Humphrey_Noyes

Communauté d’Oneida, https://fr.wikipedia.org/wiki/Communaut%C3%A9_d%27Oneida

“Desire & Duty at Oneida: Tirzah Miller’s Intimate Memoir”, Tirzah Miller , Indiana University Press (2000)

 

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