Polyamour

Les séparations

Certaines personnes, dont je fais partie, ont vécu plusieurs séparations au cours de leur vie amoureuse. Sans pour autant être endurcies à l’exercice, il n’en demeure pas moins que l’expérience aide à passer ces moments.

Pour ma part, je remarque que ce que je ressens ressemble beaucoup à ce que je décris sur la jalousie. Globalement je dirais qu’il s’agit d’un sentiment de dépossession plutôt que de perte. Le terme « perte » occulte la personnalité de l’autre, il le réduit à l’état d’objet. « Dépossession » met le doigt sur le nœud du problème, pendant l’espace d’un moment on (je) ne perçoit l’autre personne que par les besoins matériels, affectifs, sexuels, et sentimentaux que sa présence semble combler en nous. Je ne vais pas décrire à nouveau ce que j’en dit pour la jalousie. Mon constat et mes conseils seront les mêmes.

Reste qu’une fois l’annonce passée, il faut repartir. C’est dur d’être quittéE, pour tout le monde. Et c’est arrivé à des milliards de personnes depuis la nuit des temps. On se croit unique et perduE alors que nous sommes multitude. Et c’est forcément (en fait, non, jamais) la faute à quelque chose ou à quelqu’un. Les « si j’avais su » et les « mais pourquoi donc ? » défilent, on refait le match.

Remettez cela à plus tard, dans un premier temps il faut affronter la situation, pas l’écrire dans un manuel d’histoire.

L’autre est une personne, alors :

On valide le choix de l’autre, même si on aimerait bien tenter un nouvel essai (motif : C’est surement pas le bon jour, l’autre s’est préparée à ce moment bien plus que vous.)

On ne projette pas ses fantasmes de liaisons (ou que sais-je encore) sur l’autre. (motif : vos projections sont le reflet de vos peurs, pas de la réalité. Quand on ne sait rien et qu’on réfléchit, on ne pense que de la merde, s’il faut vous le dire)

On ne surveille pas l’autre en permanence (motif : ne faites pas aux autres ce que vous n’aimeriez pas qu’on vous fasse. Point.)

On n’essaie pas par de « subtiles approches », à influencer l’autre à reprendre l’histoire (motif : l’autre personne a une vie désormais, elle vit ses choix, elle s’assume. Si elle veut vous revoir, elle vous le dira, mais en attendant la dernière chose qu’elle ait dite, c’est pile-poil le contraire…)

On ne dit pas : « Après tout ce que j’ai fait pour toi ! » gardez ça pour vous. Ce que vous avez fait n’était que pour vous si vous raisonnez comme cela. L’autre personne n’en demandait sans doute pas autant. L’amour, comme l’amitié, ne se résume pas à une comptabilité de bienfaits réciproques.

D’une façon générale, on cesse de se penser le nombril du monde, l’irremplaçable, l’unique objet de désir possible pour la personne.

 

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