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Le polyamour est-il une manière de contester l’ordre social ?

Il semble évident pour beaucoup de personnes que l’éducation familiale et sociale modèle notre façon de penser et nos valeurs, mais beaucoup oublient que notre vie émotionnelle et sentimentale est également impactée par notre éducation. Depuis le mouvement féministe des années 1970 et la révélation que le personnel est politique, la sphère des sentiments et de la sexualité tend à devenir en partie publique.

Peu de personnes polyamoureuses le sont par revendication sociale ou politique. Pour autant, bien qu’il ne s’agisse pas de prosélytisme, mais parce que cela fait sens pour elles, parce que le polyamour est vécu au quotidien, les personnes ouvertement polyEs sont perçuEs par leur entourage non-poly comme des personnes vivant une marginalité sentimentale construite autour d’un discours commun des partenaires.

Le polyamour nous conduit à nous poser des questions essentielles sur notre façon d’aborder les sentiments et la sexualité. Sur quoi est fondée l’exclusivité sentimentale ou sexuelle ? L’attachement est-il possible sans le couple ou bien en est-il à l’origine ? Etc.

Le polyamour participe ainsi, de manière plus radicale et bien plus positive que l’augmentation du nombre de divorce, à l’effritement du modèle du couple monogame. Tous deux sont un signe d’une profonde transformation idéologique de la société. Le polyamour valorise l’égalité entre les femmes et les hommes, prône le partage, revendique la liberté et dénonce la propriété  comme une violence. C’est au nom de ces mêmes valeurs, entre autres, que le divorce concerne aujourd’hui plus d’un couple sur deux.

Or, le couple et la famille sont des piliers sur lesquels s’appuie l’ordre social pour se maintenir dans nos sociétés occidentales. L’augmentation du nombre de divorce est la marque de leur faiblesse, le polyamour en est une alternative.

Il ne s’agit donc pas d’une revendication ou d’un prosélytisme. L’exemplarité des polyEs est en soi une manière indirecte et « passive » de présenter publiquement les valeurs du polyamour. Et ces valeurs sont en premier lieu des revendications anarchistes du début du XXème siècle qui seront reprises par les féministes et les lesbiennes des années 1970 avant d’arriver jusqu’à nous à l’ère d’Internet et de la communication de masse.

Mais si l’on demande à unE personne polyE ce qu’elle en pense, elle répondrait sans doute que ce qu’elle souhaite c’est de simplement pouvoir aimer qui elle veut sans avoir à se cacher.

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