Notes de lectures, Slider

Qu’est-ce qu’une relation ?

Note de lecture de “Le concept de relation en psychologie sociale” (pdf) par Gustave-Nicolas Fischer, Professeur de psychologie sociale. Université de Metz

Les sciences sociales nous confirment ce qui semble évident ; lorsque les personnes établissent des relations entre elles, celles-ci se font principalement sur la base de l’attraction physique et sur le rapprochement avec celles et ceux qui nous ressemblent le plus de par leurs opinions ou leur statut social.

Les relations affectives sont caractérisées par trois composantes essentielles ; l’attachement, l’affection et l’intimité.

Au sein d’un couple[1], l’évolution des relations semble dépendre du degré d’intimité instauré et de son maintien entre les partenaires ; le désir de se confier et I’existence d’échanges marqués par l’ouverture de soi influencent le degré d’attachement mutuel.

Les relations de couple s’usent avec le temps ; cette usure se manifeste essentiellement par l’atténuation, voire la disparition des sentiments amoureux. Par ailleurs, la relation se refroidit avec le temps elle peut, selon certains auteurs, se transformer une affection basée sur l’attachement qui maintient une dimension affective, mais qui ne fait plus intervenir une attraction mutuelle.

Les facteurs susceptibles de maintenir la relation au sein d’un couple dépendent du type de motivations en jeu dans la relation.

  • Motivation intrinsèque: la relation est vécue en fonction du plaisir et de la satisfaction et s’exprime par des sentiments et des comportements positifs.
  • Motivation extrinsèque : la relation est maintenue pour des raisons extérieures telles que la sécurité ou des considérations liées à l’entourage.

Une relation est d’autant plus satisfaisante et a d’autant plus tendance à se maintenir que les partenaires se comportent suivant un style de motivation intrinsèque.

Un aspect important de l’évolution des relations affectives concerne les séparations (et les divorces).

La séparation (ou le divorce) peut être douloureuse lorsqu’elle se produit dans un couple ayant vécu longtemps ensemble alors que les perspectives de refaire sa vie sont plus limitées.

Les séparations n’ont pas seulement des effets sur les partenaires, mais également sur tous ceux qui sont plus ou moins directement touchés ou concernés par celle-ci. Une séparation provoque une déstabilisation de l’entourage due aux modifications des relations avec les proches (amiEs, famille, enfants…) de chacun des partenaires. Parfois c’est le moment où l’on découvre qu’une séparation correspond à une perte et que celle-ci est parfois plus importante qu’on ne le pense.

La notion de relation institutionnelle désigne le fait qu’une relation se développe et s’exprime toujours à l’intérieur d’un cadre ou d’un milieu social donné.

Tout système social développe en son sein des modèles de relations. Les relations institutionnelles organisées suivant un modèle d’activités doivent être considérées comme des relations de pouvoir, c’est-à-dire structurées par un rapport de domination-soumission.

Les relations institutionnelles sont morcelées ; chaque personne occupe une place assignée et l’organisation découpe les relations suivant les taches imposées à chacun et les fonctions qui lui sont liées.

Toute relation institutionnelle est intrinsèquement conflictuelle car elle est établie sur la base de positions sociales différentes et d’attentes individuelles et collectives dont la compatibilité n’est pas garantie.

L’impact interpersonnel des relations institutionnelles conflictuelles amènent à des désaccords ou des antipathies et se traduit par du rejet, du mépris, voire de la haine.

Une relation est toujours située psychiquement et socialement dans un milieu, un cadre, en fonction duquel elle se déroule : un contexte.

Dans une relation, se jouent des rôles qui révèlent les normes en œuvre dans un contexte donné ; ces normes sont agissantes dans la mesure où l’on a affaire à un comportement adapté socialement, c’est-à-dire en conformité avec les pressions ambiantes ; le rôle peut alors être interprété comme un comportement d’autant plus prévisible que sa réponse à une prescription normative sera forte. Mais il faut souligner que chacun va jouer son rôle à sa façon ; sous cet angle, un rôle se définit comme la mise en scène de nos relations qu’un contexte va révéler.

La notion de relation de rôle met l’accent sur une modalité des échanges, déterminée non seulement par la place formelle (le statut), mais par une dynamique faite d’attentes et de types de conduite. Entrer en relation équivaut, dans ce cas, à jouer son rôle social; comme nous pouvons l’observer quotidiennement, les individus adoptent des rôles différents suivant le type d’interactions dans lequel ils sont engagés; ainsi on aura tantôt des relations de rôles symétriques (relations entre collègues), tantôt des relations asymétriques (relations supérieur/subordonné), tantôt, des relations complémentaires (relations parents/enfants), mais dans tous les cas, les rôles adoptés et joués ont une expression sociale particulière en fonction des normes en œuvre.

Nous avons tendance à nous comporter à l’égard des autres suivant les perceptions que nous en avons.

La relation n’est pas un phénomène ajouté à la personnalité, c’est bien au contraire une dimension de son expression ; la relation est inhérente à la vie sociale et plus largement à la vie tout simplement.

[1] Afin de faciliter la lecture le mot « couple » est ici employé dans son acception la plus large, désignant 2 personnes engagées dans une relation affective, amoureuse ou sentimentale.

Tagged , ,

About François Soulabaille

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *